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Grand Froid : Soporifiquement génial

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Avec un casting intéressant, Gérard Pautonnier signe un premier long-métrage en dehors des sentiers battus. Préparez-vous à une plongée incongrue dans le monde des pompes funèbres. Âmes sensibles à l’humour noir incisif et aux réactions malsaines, s’abstenir.

Il y a des films que l’on n’attend pas et qui sont difficiles à jauger. Grand Froid en fait inévitablement partie. Alors non, on ne parle pas du dernier Besson qui a fait couler beaucoup d’encre, mais bien d’un film qui nous endort, qui nous surprend, qui nous fait rire et nous met mal à l’aise. Ce qui est sûr avec Grand Froid, c’est qu’il fait réagir et réfléchir. Il est par ailleurs toujours appréciable d’avoir ce genre de création adaptée d’un roman. Enfin, il faut noter que le film est une création franco-belgo-polonaise. Si vous êtes habitués aux films d’animation, vous allez être dépaysés.

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Une histoire qui installe un malaise au fil des minutes…

Le plot de base de Grand Froid est assez original. Edmond Zweck tient un commerce de pompes funèbres. Il a d’ailleurs engagé Georges Bron et Eddy pour l’épauler. Le problème dans cette contrée glaciale, à une semaine de Noël, c’est que les affaires sont mortes. Ils sont donc à la recherche d’un client et c’est là que s’installe donc le premier raisonnement malsain : attendre la mort pour vivre. Dans cette première partie du film, on assistera à une scène assez grandiose. Positionnés chacun dans une boutique d’un côté et de l’autre de la grande rue, Georges et Edmond observent Madame Cisca traverser. Tension dans les regards, renforcée par la musique qui accompagne énormément le film, le tout embellit par l’univers glacial de la rue. Puis arrive le long trajet pour emmener le mort au cimetière. Premières péripéties, un passage très long qui nous endort dans une situation de confort étrange.

…pour finir d’une manière complètement surréaliste

Puis arrive le premier twist. Incroyable dans les premiers instants, puisqu’on nous a endormi dans un cadre où il n’arrive que de mauvaises choses aux protagonistes. Pourtant, c’est à ce moment là, après bien deux tiers du film, que le long-métrage bascule dans de la fiction surréaliste. La capacité d’adaptation des personnages est elle aussi assez incroyable. À ce moment là, on pense qu’on est arrivé au maximum du malsain, mais il n’en est rien. Arrive alors un second twist. Retour à la case départ, situation inopinée, complètement hors des clous. La fin est un peu rapide, on aurait apprécié quelque chose en plus pour finir en apothéose.

Un ventre mou, rythmé tout de même par la musique

Même si on est quand même envoûté par ce scénario tout sauf banal, la majorité de Grand Froid est vraiment longue, voir ennuyante. Après, il est évident que le film avait besoin de cette période calme pour pouvoir imploser à la fin et devenir un vrai coup de maître. Il faut aussi reconnaître la qualité musicale du long-métrage, qui retranscrit très bien la tension des éléments et des personnages. On notera également des phrases philosophiques bien inspirées rendant une image de film solennelle. La plus inspirante est signé Edmond Zweck et image bien l’entièreté du film :

Il y a deux personnes en ce bas-monde : la sage-femme et le fossoyeur. L’une accueille, l’autre raccompagne. Entre les deux, les gens se débrouillent.

Voilà comment résumer, en quelques phrases tout le dilemme morale et éthique auquel sont confrontés les protagonistes de Grand Froid.

Un cast inspiré, toujours au bon endroit, toujours la bonne réplique

La ligne artistique est notamment composée par un trio vraiment séduisant, Jean-Pierre Bacri, Arthur Dupont et Olivier Gourmet. Ces trois là fonctionnent très bien ensemble, surtout le binôme Dupont-Bacri que l’on retrouvera pendant la majorité de l’intrigue. D’un point de vue personnel, j’ai trouvé le prêtre, incarné par Sam Karmann, glacial et noir au possible. Très bon au niveau du casting donc, au même titre que la réalisation. On ne parle pas ici d’un Spielberg, mais d’un très bon premier essai, avec des choses expérimentales qui fonctionnent plus ou moins.

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Un bon film, mais Grand Froid n’est pas non plus un chef d’oeuvre

En conclusion, Grand Froid est incomparable. On prend finalement un malin plaisir à suivre les horribles aventures et raisonnements des personnages, même si la fin est un peu décousue. Pour un premier essai, c’est franchement réussi et on peut envisager une carrière ambitieuse pour Gérard Pautonnier. Attention tout de même, on ne parle pas ici d’un film tout public et accessible, il faut réussir à rentrer dans l’histoire, ce qui n’est pas toujours évident. Si vous êtes prêt à vous embarquer dans un roadmovie assez étrange, je vous recommande fortement Grand Froid.

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