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Gran Turismo Sport fait-il un retour gagnant tant espéré ?

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Avec ce Gran Turismo Sport, il est temps de reprendre le volant. Reste à savoir si le plaisir est au rendez-vous ou si le moteur tousse.

Les jeux de course sont légion en cette période de l’année. Après la sortie de Project Cars 2 et du concurrent direct Forza Motorsport 7, c’est au tour du tout nouveau Gran Turismo Sport de tenter de donner tout le plaisir nécessaire aux amateurs des simulations de course automobile. Une tâche qui peut s’avérer complexe si l’on tient compte des énormes attentes des fans de la licence. Peuvent-ils donc être satisfaits de ce nouvel opus ? A-t-on droit à la renaissance de la série des Gran Turismo, 20 ans après le premier numéro ?

Gran Turismo Sport McLaren

Ce nouveau Gran Turismo porte bien son nom, tant les modèles sportifs sont omniprésents

 I-Robot, c’est pas pour demain.

On le sait depuis un bon moment : l’objectif de ce Gran Turismo Sport est de se tourner vers l’esport. Peu d’intérêt donc à intégrer un mode Gran Turismo comme dans les anciens numéros de la série GT. Mais l’absence d’un tel contenu ne signifie pas pour autant que cet opus n’est pas jouable en solo ! Loin de là.

Accessible dès que 15 des 55Go du jeu seront téléchargés, la catégorie arcade reste l’essentiel du jeu local. Si vous voulez vous entraîner face à l’IA, il vous est donc possible de lancer une course rapide et d’en choisir la difficulté. Si l’IA se montrera plus ou moins résistante en fonction de votre choix, elle restera tout aussi mauvaise dans son comportement de course. A croire que Polyphony a du mal à faire une IA correcte. Toutefois, cela vous permettra de gagner des crédits, des Miles Point (monnaie que l’on abordera par la suite), et un peu d’expérience pour augmenter votre niveau. La finalité reste la même du côté du défi dérapage. Il vous est également possible de jouer en multijoueur en local, un grand classique de Gran Turismo. Et puis, tellement mis en avant, le mode VR est également de la partie. En revanche, pas de quoi s’enthousiasmer…ça reste de la décoration là où l’expérience aurait pu être bien plus poussée et aboutie.

Mais le solo ne se résume pas à l’arcade. Si vous avez l’expérience des Gran Turismo, vous vous souvenez peut-être des fameuses licences. Vous savez, c’est là que vous passiez des heures à apprendre à freiner, à prendre un virage, à dépasser, etc. Cette fois-ci au nombre de 48, ces épreuves sont réparties en 6 étapes. La réussite à l’une d’elle entraîne immédiatement le gain d’un véhicule. Parce que oui, dans Gran Turismo Sport, que vous débloquiez un succès, réussissiez une épreuve, n’importe quelle occasion est bonne pour vous féliciter. C’en est presque à se demander à quoi servent les crédits gagnés. C’est la même chose lorsque vous terminez une étape de 5 missions du type « dépasser tout le monde avant l’arrivée » ou que vous venez à maîtriser l’intégralité d’un tracé dans le mode expérience de circuit.

L’intelligence artificielle porte bien son nom puisqu’on cherche encore l’intelligence dans le comportement des bots. Une difficulté bien trop basse pour un amateur de simulation automobile mais sûrement parfaite pour récompenser outrageusement les novices du genre. J’ai, au fond, presque l’impression de rejouer à l’épisode de la PSP en remastered. Mais bon, ne soyons pas mauvaise langue : le solo reste quand même fun et comparer ses performances avec ses amis est intéressant. Et puis, le vaste contenu détaillé plus bas permettra de ne pas trop y tourner en rond… enfin, croisons les doigts.

Gran Turismo Sport Ecole de conduite

Bonjour, c’est Julien. Bienvenue sur mon site. Grâce à ma méthode simple et rapide, vous gagnerez des voitures en quelques minutes seulement !

 Je veux une Tourolf blouge !

Dans tout jeu de simulation tel que Gran Turismo, deux axes sont primordiaux : le catalogue de véhicules justement reproduits jusqu’au comportement mais aussi celui des circuits proposés. Deux axes qui s’avéreront être des motifs de déception, malheureusement.

Comme dans chaque Gran Turismo, il vous est possible d’acquérir des véhicules grâce à vos crédits. Direction donc la centrale des marques pour faire une petite session de shopping ! Et autant dire que la session ne sera pas bien longue. Un avantage d’un certain point de vue, puisque la disposition des constructeurs, triés par continent puis par pays, est très claire. Elle s’avère également être très lisible car très incomplète. Oui, Gran Turismo Sport veut proposer uniquement des véhicules sportifs, mais là… Les marques ne sont pas foule, certaines ne proposant d’ailleurs absolument aucun véhicule (à l’image de TAG Heuer, là où on aurait pu espérer la monoplace de F1 Red Bull, dont le moteur est taggé de la marque suisse). Et, lorsqu’elles daignent avoir quelques voitures en stock, le choix y reste plutôt rapide. Mais tout n’est pas mauvais dans cette centrale des marques. La présentation des informations y est sobre et élégante, un petit espace musée est disponible pour accéder aux informations essentielles des marques. Dans l’idée, ce Gran Turismo a de quoi devenir une vraie encyclopédie du sport automobile sur console. Malheureusement, ça ne sera qu’une idée tellement le produit fini en est loin. Peut-être que les futurs DLC permettront de changer la donne.

Gran Turismo Sport marque

Showroom contenant quelques véhicules, Vision Gran Turismo qui propose des véhicules déjà présents dans la catégorie précédente, une chaîne dédiée à la marque et un coin musée qui retrace son histoire.

Côté circuits, nous ne sommes pas mieux lotis. Si l’on retrouve des tracés mythiques tels que le Nurburgring, Interlagos ou Suzuka, on note rapidement l’absence de Spa-Francorchamps, Silverstone ou Laguna Seca. Mais Gran Turismo a toujours proposé des tracés fictifs, peut-être y a-t-il un peu plus de choses à se mettre sous la dent de ce côté ? Et bien non. Au-delà des quelques circuits de terre (au nombre de 3) sur lesquels la conduite reste habituellement moyenne, de quelques surprises comme le Dragon Trail qui était déjà testable lors des bêtas, il n’y a pas grand choix. Au total, ce sont donc 38 tracés pour 17 localisations différentes. Autant dire que les versions de chaque circuit sont légion. Et puis, on y compte également les 3 tracés typés ring, un vrai paradis pour de la Nascar ou de l’Indycar… si seulement le catalogue de voitures en avait proposé.

Gran Turismo Sport fait donc l’impasse sur le solo, et ça peut avoir du sens. Il cherche à s’orienter vers un catalogue de véhicules plus sportifs, très bien. Mais il existe une quantité astronomique de voitures du type, de circuits célèbres dans le sport automobile. Si les voitures GT3 notamment sont au complet, on aurait pu en attendre bien plus. La prise en main des véhicules est certes agréable en général, toutefois cela laisse un goût d’inachevé. Dommage ! Mais alors qu’en est-il de ce que ce Gran Turismo Sport veut tellement mettre en avant ?

Gran Turismo Sport circuits

Si vous aimez piloter sur 5 versions d’un même circuit, vous serez aux anges. Si vous préférez la diversité, en revanche…

« Mais Madame, c’est lui ! – Peu importe, je punis toute la classe ! »

Si l’IA est facilement criticable, le meilleur moyen de prendre le plus de plaisir reste donc le mulitjoueur. Et avec cette nouvelle priorité, Gran Turismo Sport se veut l’initiateur du vrai esport dans l’univers de la simulation automobile. Une preuve : le partenariat avec la FIA, ce n’est pas rien ! Un gage de qualité pour autant ?

Au-delà des salons habituels dans tout jeu multijoueur, mais ici complets et réussis, ce Gran Turismo Sport voit surtout le multi par son mode Sport. Son fonctionnement est assez simple. D’un côté, on y trouve des sessions régulières avec 3 circuits proposés par semaine et plusieurs sessions par heure. De l’autre, des séances plus particulières et rares car sponsorisée directement par la FIA, ce qui soulève l’aspect exceptionnel de tels événements. On ne va pas se le cacher, c’est bien la première partie qui vous intéressera le plus. En cette première semaine, nous avons droit à Brands Hatch pour la catégorie de voitures N300, Suzuka pour la catégorie supérieure et un des trois circuits typés ring pour les véhicules les plus véloces. Avant de se lancer en course, il est possible de s’entraîner et de peaufiner ses réglages pour les plus connaisseurs. Mais le chrono tourne vite, mieux vaut donc ne pas tarder à partir en piste pour débuter les qualifications.

Gran Turismo Sport menu Sport

Trois circuits, trois catégories de véhicule. Plus qu’à choisir votre manière d’aller jusqu’à la victoire !

En soi, la séance qualificative est simple mais bien faite. Les tours s’enchaînent, le jeu ne retenant que le meilleur comme temps de qualification. Rythmé par la bande son de qualité, on ne voit pas les minutes passer. Mais il ne faut pas trop tarder à faire son meilleur temps, car le chrono tourne et l’heure du départ de la course arrive. Le jeu recherche alors des adversaires qui correspondent à peu près à notre niveau de performance (RP) et notre comportement (RFP). Pour le moment, ces indicateurs n’ont pas encore de véritable sens, des joueurs extrêmement mauvais ayant des statistiques plus intéressantes que d’autres pilotes pourtant bien plus performants et fair play. Mais mettons cela sur le fait que ce genre de classement nécessite l’oeuvre du temps. Quoique ! On pourrait également le mettre sur la gestion de ce système. En effet, un pilote derrière vous qui ne freine pas avant le virage et vous pousse dans le mur, la logique veut qu’il écope d’une pénalité et soit rétrogradé sur ses statistiques de fair play. C’est bien le cas, mais vous aussi ferez l’objet de telles sanctions, alors même que vous êtes victime. Des progrès à faire donc sur ce point qui gâche totalement l’expérience de jeu.

Un solo pas au rendez-vous de manière presque justifiée, un contenu qui n’est pas digne d’un Gran Turismo, un mode Sport pas encore très au point malgré la longue période de bêta en milieu d’année. Le tableau n’est donc pas si glorieux. Mais nous n’avons pas encore tout vu puisque quelques petits bonus font partie de ce Gran Turismo Sport. Espérons qu’ils remontent l’avis plutôt partagé que ce nouvel opus laisse pour l’instant.

Un à-côté presque parfait !

Dès le premier coup d’œil au menu principal, vous remarquerez de suite le fond de l’écran avec les informations de véhicule mis en avant, les différents modes de jeu, votre profil avec votre véhicule actuel, votre garage. Tout un tas d’éléments, parfois présents en doublon, mais qui sont plutôt habituels pour un Gran Turismo. Avec tout ça, on pourrait facilement mettre de côté le mode environnement et l’accès à la création de livrées. Il est temps d’y remédier.

Commençons par ce qui était déjà présent dans le précédent opus : le mode photo ou environnement pour les habitués. De ce côté, la surprise est de taille. Et dans le bon sens du terme. Le choix de paysages est époustouflant, l’intégration des véhicules est de qualité. Tout jusqu’aux effets est un véritable petit paradis. N’importe quel adepte de mécanique et/ou de photo y prendra son pied. Un fois le cliché pris, il est possible de le sauvegarder et même de le partager avec tous les autres joueurs qui pourront le commenter, voir même peut-être s’abonner à votre profil si vous êtes un vrai professionnel de la photo. Parce que oui, ce Gran Turismo Sport a une dimension sociale. Ainsi, il est possible de voir l’activité de vos amis, leurs succès, leur kilométrage quotidien ou même certains de leurs replays. C’est certes accessoire mais, dans un jeu tourné vers le multijoueur, ça prend clairement tout son sens.

Gran Turismo Sport environnement

Intégration de plusieurs véhicules sur le fond de votre choix, sélection des effets, de l’angle, etc. Les photographes seront aux anges.

Vous aurez également l’occasion de partager avec le monde entier vos livrées. Car oui, vous pourrez faire de votre bolide une voiture unique. Du simple changement de couleur à la totale personnalisation comprenant stickers, jantes, etc. Cet aspect s’avère être, lui aussi, plutôt complet. Sur le même principe, votre combinaison et votre casque sont eux aussi customisables. Pour ces derniers, il ne faudra en revanche pas hésiter à passer par la case boutique et dépenser vos précieux Miles Points afin d’avoir un choix un peu plus dense. J’insiste bien sur le « un peu » car la boutique, qui propose des véhicules, des casques, des stickers, des combinaisons, des jantes ou encore des couleurs particulières, reste plutôt vide pour le moment. Espérons qu’elle proposera plus de contenu avec le temps.

Bien que loin d’être primordiaux, Gran Turismo a donc su proposer des modes environnement et éditeur de livrées de qualité. L’aspect social, clairement justifié dans l’optique du multijoueur, y est réussi quoique trop peu mis en avant. Des éléments presque parfaits qui permettent donc de finir un peu plus en douceur cette critique qui prenait un ton trop sévère. Et ce à mon grand désarroi, moi qui suis un grand amateur de la série.

Gran Turismo Sport profil

Du détail de vos statistiques personnelles à l’aspect social de ce Gran Turismo Sport, il n’y a qu’un pas.

Au final, que penser de ce Gran Turismo Sport ?

Malgré un mode photo de très grande qualité et un mode Sport prometteur, l’aspect graphique assez variable selon les pistes, l’IA catastrophique et le contenu (certes de qualité) clairement loin de la quantité laissent une sensation forte de déception. Heureusement, en dehors des pistes de terre, la conduite est très agréable. Ajoutons à cela l’ambiance agréable et sobre, on prend facilement du plaisir de jeu, indéniablement. Les sensations sont là, et c’est bien l’essentiel. Après, de là à justifier un prix de 59,99€ sur le PlayStation Store… peut-être pas.